Portrait d'entrepreneur

Laurent Etchamendy :
de vidéaste à passeur d’histoires et de mémoire

08/04/2026 Soutien Commando Image, transmission, devoir de mémoire
Contexte

Avec Laurent Etchamendy, l’histoire remonte loin. Très loin. Un ami d’une amie… qui devient un ami. Mais bien avant ça, il y a un passage à l’agence Ouverture, il y a plus de douze ans. À l’époque, Laurent est en transition : il quitte un poste salarié dans une enseigne d’articles de sport pour se lancer dans la réalisation vidéo. Un virage qui demande une bonne dose de courage — mais chez lui, ce n’est clairement pas le sujet. Parce que Laurent n’en est pas à sa première vie. Et ce que je ne savais pas encore, c’est qu’il n’en resterait pas là non plus. Quand je l’ai écouté partager son parcours lors de la matinale Kilink, échanger avec d’autres entrepreneurs, j’ai eu des frissons. Pas seulement pour ce qu’il fait aujourd’hui, mais pour tout ce qu’il a traversé pour en arriver là.

Franck

Homme souriant assis décontracté, portant une chemise à carreaux colorée et des lunettes fines
Laurent Etchamendy, dans un portrait réalisé pour la série Kilink.

Photo Lafourcade Photographe

Laurent Etchamendy : raconter pour transmettre, filmer pour ne pas oublier

Il y a des parcours qui commencent par une passion. Et d’autres qui deviennent, avec le temps, une nécessité. Chez Laurent Etchamendy, la vidéo n’a jamais été un simple métier. C’est d’abord un moyen de capter quelque chose qui ne se voit pas toujours : l’émotion, l’intensité, ce moment précis où une expérience devient une histoire.

« Le goût de transmettre l’émotion à travers la vidéo… »

Tout est déjà là. Mais ce qui est intéressant, c’est que cette envie de transmettre ne va pas rester dans le registre du spectacle. Elle va progressivement glisser vers quelque chose de plus profond.

Une passion née dans le mouvement

Avant d’être réalisateur, Laurent est sur le terrain. Littéralement. Parachutisme, sports extrêmes, VTT freeride, snowboard… Il ne se contente pas de filmer, il pratique. Il vit ce qu’il capte.

« Toutes les disciplines que je filmais, je les pratiquais. »

Ce détail change tout. Parce qu’il ne filme pas depuis l’extérieur. Il comprend les sensations, les contraintes, les moments clés. Il sait où se placer, quand déclencher, ce qu’il faut chercher. C’est une école exigeante, mais instinctive. Une école de terrain.

Autodidacte, il construit sa place loin des parcours académiques classiques. Une courte formation, beaucoup de pratique, et surtout une obsession : raconter quelque chose de vrai. Pendant plus de dix ans, il développe son activité de vidéaste-réalisateur. Une boîte, des clients, des projets. Un équilibre qui tient. Jusqu’au moment où quelque chose bascule.

Le moment où le projet devient personnel

Certaines idées restent en arrière-plan pendant des années. Elles mûrissent sans qu’on y touche vraiment. Chez Laurent, tout part d’un choc. La perte d’un ami en mission. D’autres blessés. Des trajectoires brisées, ou profondément marquées.

« Je m’étais toujours promis que j’allais faire quelque chose pour eux à travers l’image. »

Mais il ne se lance pas tout de suite. Il attend. Pas par hésitation, mais par respect. Parce que traiter un sujet aussi sensible demande plus que de la technique. Il faut une forme de maturité. Ce projet mettra presque dix ans à émerger.

Quand il se lance enfin, il ne fait pas les choses à moitié. Équipe, scénariste, ingénieur son… Il structure un vrai documentaire. Un format long, exigeant, loin des formats rapides auxquels on est habitué. Et surtout, il choisit de suivre des hommes qui ont traversé quelque chose d’extrême : la blessure, la reconstruction, la transformation.

Filmer ce qui reste après la chute

Le documentaire suit trois trajectoires. Trois vies marquées, chacune à leur manière : un paraplégique, un amputé, un autre confronté au syndrome post-traumatique.

Mais Laurent ne filme pas la chute. Il filme ce qu’il se passe après. La reconstruction. Le sport comme levier. Les objectifs qu’ils se fixent. La manière dont ils reprennent pied, autrement. Et surtout, ce qu’ils transmettent.

Parce que derrière ces parcours, il y a des leçons de vie. Pas théoriques. Pas décoratives. Des leçons brutes, parfois difficiles, mais profondément humaines.

Le film dépasse rapidement le cadre du projet personnel. Il circule. Il est projeté. Il est sélectionné dans des festivals internationaux.

« J’en suis à une vingtaine de sélections… dans une dizaine de pays. »

Pour un autodidacte, le contraste est saisissant. Mais au fond, ce n’est pas si surprenant. Le film touche juste.

Une bascule assumée

Ce projet ne change pas seulement la trajectoire du film. Il change celle de Laurent. Il prend une décision radicale : mettre de côté son activité commerciale pour s’engager pleinement dans une association.

Soutien Commando.

Un univers à part, loin des logiques classiques. Une structure qui accompagne les unités d’élite, soutient les blessés, travaille sur le devoir de mémoire. Et là, tout s’aligne. Son passé dans ce milieu, ses liens personnels, sa capacité à raconter… tout converge.

« C’est devenu un peu ma mission de vie. »

La phrase pourrait sembler forte. Mais dans son cas, elle est cohérente.

Filmer autrement, pour servir un message

Aujourd’hui, Laurent filme toujours. Mais plus pour les mêmes raisons. Il ne travaille plus pour des clients. Il crée du contenu pour l’association. Il accompagne, documente, transmet.

Il suit des projets de reconstruction par le sport. Il raconte des histoires qui, autrement, resteraient invisibles. Il donne une voix à ceux qui en ont souvent peu. Et il ne s’arrête pas là.

Conférences, projections, rencontres avec des jeunes… Il prolonge le film au-delà de l’écran. Il crée des espaces de dialogue. Parce que transmettre, ce n’est pas seulement montrer. C’est aussi faire circuler.

Une autre manière de construire son parcours

Le parcours de Laurent Etchamendy ne suit pas une ligne droite. Il commence par la passion. Il se structure autour d’un métier. Puis il bascule vers quelque chose de plus engagé. Sans rupture brutale, mais avec une cohérence forte.

Ce qui est intéressant, c’est qu’il n’a pas “abandonné” son métier. Il l’a déplacé. Il utilise les mêmes compétences, mais au service d’un projet différent. Plus personnel. Plus utile, à ses yeux.

Et dans un monde où beaucoup cherchent du sens après coup, lui a fait le chemin inverse. Il est parti de ce qui faisait sens, et il a construit autour. Avec une idée simple, mais exigeante : utiliser l’image non pas pour montrer, mais pour transmettre ce qui mérite vraiment de rester.

Nom : Laurent Etchamendy

Positionnement : Image, transmission, devoir de mémoire et reconstruction