Portrait d'entrepreneur

Anaïs Lagourgue - Architecte :
architecte spécialisée en rénovation et réhabilitation à Pau

08/04/2026Anaïs Lagourgue - ArchitecteArchitecture, rénovation, réhabilitation
Contexte

J’ai rencontré Anaïs Lagourgue, architecte, à un moment assez particulier de son parcours. Elle faisait un court passage à La Coloc, besoin d’un bureau ponctuel entre deux adresses, un de ces moments de transition où tout est en train de se redessiner. C’est aussi ça, l’intérêt d’un coworking : croiser des trajectoires en mouvement. À ce moment-là, Anaïs venait de quitter une structure avec des associés, pour se lancer seule. Pas dans l’apprentissage du métier - elle le maîtrise déjà - mais dans une nouvelle étape : celle d’entreprendre, en son nom. Forcément, ça m’a parlé. J’ai toujours un faible pour ces moments où quelqu’un choisit d’aller un peu plus loin dans son engagement. J’ai été naturellement très heureux quand je l'ai revue quelque temps plus tard, inscrite à une matinale Kilink et de retour à La Coloc (pour quelques heures). L’occasion parfaite pour échanger, partager avec d’autres entrepreneurs, comprendre ce qu’elle construit, et comment elle le fait.

Franck

Femme souriante en veste noire et chemise blanche, posture décontractée, bijoux discrets, arriere-plan gris

Photo Lafourcade Photographe

Anaïs Lagourgue : rénover, adapter, et surtout écouter

Il y a des métiers où l’on construit. Et d’autres où l’on transforme. Chez Anaïs Lagourgue, l’architecture se joue surtout dans cet entre-deux : comprendre ce qui existe déjà, et imaginer comment le faire évoluer sans le dénaturer.

Elle se présente simplement : architecte, formée à Versailles, aujourd’hui installée à Pau après plusieurs expériences en association. Une trajectoire classique en apparence, mais qui prend un tournant récent. Elle choisit de poursuivre seule, de transformer son agence pour travailler sous son propre nom.

Je voulais voler de mes propres ailes.

Derrière cette phrase, il y a une envie très concrète : comprendre le métier dans sa globalité, pas seulement sur le plan technique, mais aussi dans sa dimension entrepreneuriale.

Travailler à partir de l’existant

Dans les faits, son quotidien est assez éloigné des grands projets spectaculaires que l’on associe parfois à l’architecture. Elle travaille majoritairement pour des particuliers, sur des projets de rénovation, d’extension ou de réhabilitation.

Des maisons à agrandir, des granges à transformer, des bâtisses anciennes à adapter aux usages d’aujourd’hui. Des projets ancrés dans le réel, souvent portés par des familles ou des jeunes propriétaires qui héritent d’un bien et doivent lui redonner une fonction.

L’idée, c’est vraiment d’accompagner les gens et de réhabiliter plutôt que de construire tour de bras.

Ce choix n’est pas anodin. Il traduit une manière de voir le métier, plus tournée vers l’adaptation que vers la création pure.

Une architecture de dialogue

Ce que viennent chercher ses clients n’est pas seulement un plan ou une solution technique. C’est une relation.

Anaïs parle beaucoup d’écoute, d’accessibilité, de discussion. Des mots simples, mais qui prennent du poids dans un métier parfois perçu comme distant ou très normé.

Je pense que c’est essentiellement l’authenticité et le fait que je reste une architecte accessible.

Dans ses projets, il n’y a pas de petit budget ou de projet secondaire. Il y a une enveloppe, des contraintes, et un objectif : adapter le projet à ce cadre, sans renoncer à la qualité.

Cela implique aussi de proposer différents niveaux d’accompagnement. Parfois une esquisse suffit. Parfois le client souhaite aller jusqu’au suivi de chantier. Le rôle de l’architecte s’ajuste, lui aussi.

Composer avec l’imprévisible

La rénovation a une particularité que le neuf ne connaît pas vraiment : l’imprévu. Un mur qui ne se comporte pas comme prévu, une structure qui impose ses règles, des matériaux qui réagissent différemment.

En rénovation, il y a toujours des surprises, il faut toujours savoir s’adapter.

C’est là que le métier devient intéressant. Moins dans la maîtrise totale que dans la capacité à réagir, ajuster, trouver des solutions qui respectent à la fois le bâtiment et les attentes du client.

Cela demande aussi une part de pédagogie. Tous les projets ne sont pas réalisables tels qu’ils sont imaginés au départ. Certains clients arrivent avec des idées très précises, parfois incompatibles avec la réalité du bâti.

Le travail consiste alors à expliquer, à orienter, à proposer autre chose... sans casser l’envie initiale.

Trouver l’équilibre entre écoute et exigence

Être architecte indépendante, c’est aussi composer avec une tension permanente : prendre le temps d’écouter, d’accompagner, tout en assurant la viabilité économique de son activité.

Anaïs ne contourne pas cette question. Elle y répond de manière pragmatique : en adaptant son niveau d’intervention. Une esquisse pour certains, un accompagnement complet pour d’autres.

L’important reste la cohérence.

Le client avance à son rythme, avec ses moyens, et le projet se construit dans ce cadre. Cela permet de garder une relation saine, sans surpromesse ni frustration.

Une confiance qui se construit dans le temps

Certains projets marquent plus que d’autres. Pas forcément par leur taille, mais par la relation qu’ils créent.

Elle évoque ces clients qui arrivent avec des idées très arrêtées, qu’il faut faire évoluer, parfois doucement, parfois fermement. Et qui, une fois le projet terminé, reviennent.

C’est le plus beau cadeau qu’on puisse me faire.

Parce qu’au-delà du projet, c’est la confiance qui s’est installée.

Et dans ce métier, elle vaut autant que le résultat.

Voir plus grand, sans perdre le sens

Pour la suite, Anaïs ne parle pas de rupture, mais d’évolution. Des projets plus grands, une échelle plus large, une réflexion plus globale.

Elle aimerait aussi pouvoir travailler avec des clients qui lui laissent davantage de liberté. Moins de compromis, plus de confiance dans la proposition architecturale.

En parallèle, elle observe son environnement. Les bâtiments laissés à l’abandon, les espaces sous-utilisés, les opportunités de transformation.

Son envie est claire : investir davantage ces lieux, leur redonner une fonction, éviter qu’ils deviennent des déchets urbains.

Une autre manière d’exercer le métier

Le parcours d’Anaïs Lagourgue raconte une manière assez concrète d’exercer l’architecture aujourd’hui. Moins spectaculaire, mais plus ancrée dans les usages.

Une architecture qui part de l’existant, qui compose avec les contraintes, qui s’appuie sur le dialogue autant que sur la technique.

Et au fond, une idée simple : un projet réussi n’est pas seulement un projet bien dessiné. C’est un projet compris, accepté et vécu par ceux qui vont l’habiter.

Activité : Anaïs Lagourgue - Architecte

Spécialité : Rénovation, extension et réhabilitation à Pau